Lettre à mon député

Bon voilà, c'est fait : pour la deuxième fois de ma vie, je viens d'envoyer un message dans une bouteille aux deux députés de mes circonscriptions et ainsi perdre du temps puisque mon message sera ignoré, as usual. Il suffit de regarder leurs parcours professionnels et les sujets qui reviennent dans leurs interventions publiques pour s'en convaincre : ils ne s'intéressent pas du tout aux thématiques qui m'intéressent. Et pourtant, je n'ai pas parlé que de nouvelle technologie comme vous allez le voir.

J'envoie ma lettre, je laisse le temps aux députés de la lire, de la comprendre, de se documenter sur les thématiques que j'aborde s'ils le souhaitent puis je sollicite une entrevue pendant une permanence parlementaire afin de mesurer l'attention du député. La dernière fois, ça n'a pas trop marché : ma lettre semble avoir été ignorée et notre entrevue avait été houleuse. On verra si les remplaçants feront mieux 😀 .

Voilà, en gros et en vrac, les thématiques que j'ai abordées :

  • Régulation des marchés financiers pour éviter les produits fortement spéculatifs et notamment ceux introduits sur l'Eurex récemment ou le DoS sur les marchés (appelé "trading à haute fréquence") et autres joyeusetés qui sont très loin de l'économie réelle.
  • Réformer l'éducation ? Je suis pour mais je ne pense pas qu'il suffise de réformer le rythme scolaire pour parvenir à un résultat. Il faut engager du personnel compétent et l'évaluer de manière régulière, impartiale et imprévue. Il faut recentrer l'éducation sur un savoir-faire et non plus un seul savoir. Il faut renforcer les acquis : chaque citoyen, pour pouvoir être citoyen doit savoir lire, écrire, compter, communiquer et avoir développé un esprit critique.
  • Réaffirmer la protection des journalistes et de leurs sources suite aux scandales des écoutes et des "Fadettes".
  • Réaffirmer l'indépendance de la Justice vis-à-vis des groupes de pression tels que les pouvoirs exécutif et législatif. Dans cette optique, je suis favorable à la suppression de toute immunité : chaque citoyen de la République, quelque soit sa profession (Président ou informaticien ou plombier) doit pouvoir être jugé sans délai s'il sort des clous de la loi.
  • Continuer d'affirmer les droits des consommateurs : l'interdiction de la vente liée PC/OS doit être fermement appliquée, les forfaits mobiles "illimités" limités doivent être retiré de la vente (un projet de loi est en cours mais rien n'est joué) et les class-actions doivent être introduites dans le droit français.
  • Arrêter le déploiement massif de la vidéosurveillance des lieux publics et interdire à la vente les gadgets de surveillance (montre-caméra, stylo-caméra, ...) sous prétexte que la vidéosurveillance n'est moralement et socialement pas saine car elle établie un climat de méfiance et de suspicion permanente. Sous prétexte également que son efficacité reste à démontrer et que des dérives (action-répression automatisée générant des erreurs difficilement contestables, incitation à la délation, ...) sont proches.
  • Abroger et stopper la prolifération des lois sécuritaires (LSQ, LOPPSI, LCEN, ...) qui n'ont pas leur place dans une démocratie de par leur but mais aussi de par leur origine : une loi crée dans un contexte de peur (attentats du 11 septembre 2011 ou tueries à Toulouse et Montauban en 2012) et utilisant des prétextes (terrorisme, lutte contre la pédophilie) sans chercher à atteindre les objectifs définis n'est pas une loi saine.
  • Explication sur le fait que l'anonymat sur Internet, contrairement à ce que pensent certains politiques, n'est pas dangereux : on est anonyme par défaut dans la rue et cela ne gêne personne. L'anonymat sur Internet est relatif et temporaire et on peut toujours rechercher les coupables d'une infraction. L'anonymat est un prérequis à l'exercice des libertés citoyenne et à la formation de la jeunesse. Il faudrait donc l'entériner dans une loi pour éviter toute remise en question future.
  • Mises au point sur les fichiers nominatifs qu'ils soient de l'État (STIC JNAEG, Base élèves) ou d'entreprises privées. Il faut donner un budget plus important à la CNIL, ce qui lui permettra de mener à bien ses missions. Il convient également de lui donner un vrai pouvoir de sanction et un vrai droit de vie et de mort sur un fichier nominatif produit par l'État. Ensuite, il faudrait nettoyer les fichiers de l'état de leurs nombreuses erreurs et réduire le nombre de fichiers (Base élèves, fichage dés l'enfance, est juste scandaleux).
  • Problématiques autour de la carte nationale d'identité biométrique et d'une identité numérique garantie, de manière centralisée par l'État. Rappel sur la non-preuve absolue de l'ADN, sur les groupes de pression qui régissent la biométrie en France (GIXEL entre autres) et sur les méfaits d'un fichier d'identité centralisé. Le Conseil Constitutionnel a censuré les dispositions de la loi relatives à la puce facultative permettant de faire l'association forte entre identité numérique et physique ainsi qu'à celles relatives à la création d'un fichier centralisé des empreintes. Comme quoi, mes doutes sur ce système ne sont pas infondés. J'invite également les députés à refuser une identité numérique garantie par l'État. Il n'a pas à garantir une identité (physique ou numérique) et il n'a pas à créer une association entre une identité numérique numérique unique et identité physique unique.
  • Problématiques autour de la vente de matériel d'interception global des communications électroniques à l'échelle d'un pays à des dictatures et/ou à des états policiers par des démocraties occidentales et notamment par la France (Amesys dans la Libye de Kadhafi, Amesys au Qatar ou Amesys au Maroc). J'ai exposé le problème, rappelé que je suis favorable à l'ouverture d'une enquête parlementaire. J'ai demandé à ce que l'exportation pure et simple de ces armes soit prohibée. Enfin, j'ai demandé des éclaircissements sur le projet qu'Amesys a en France et notamment sur l'usage que fait la France de ce matériel.
  • Réforme profonde de la propriété intellectuelle. C'est un vaste sujet donc je vais vaguement résumer ce que j'ai écris. Il faut séparer le droit des auteurs de la propriété industrielle puisque tout est actuellement mélangé au sein de la propriété intellectuelle. Concernant les droits patrimoniaux : j'ai rappelé l'échec de la HADOPI dans les deux principales missions qui lui ont été confiées : réduire le téléchargement illégal et favoriser l'offre légale et demander, par suite logique, son abrogation. Je demande à ce que le droit d'auteur soit ramené à ce qu'il était et ce qu'il doit être ainsi qu'à ce que les durées d'exploitation des œuvres soient réduites (50 ans de droits voisins et 70 ans après la mort de droit d'auteur, c'est clairement trop). J'ai indiqué mon opposition au projet de loi visant à placer sous rétribution les œuvres orphelines alors que le domaine public leur conviendrait mieux. Enfin, j'ai indiqué mon refus de la licence globale et ma préférence pour le mécénat global si l'on doit en arriver là. Concernant la propriété industrielle, j'ai indiqué mon souhait de ne pas voir les brevets nuire à l'innovation et ma conviction qu'il ne faut breveter ni les sciences fondamentales (au risque d'empêcher le développement de la connaissance), ni le vivant, ni les médicaments, ni l'agriculture au sens large. J'ai concédé que cette thématique des brevets se joue plus au niveau européen (brevet européen unitaire et ACTA) mais cela n'empêche pas les parlementaires français de se tenir informés.
  • Invitation à encourager l'introduction et le maintien du logiciel libre dans l'administration publique alors que l'Assemblée propose, pour ce nouveau mandat, un retour en arrière et le choix entre Windows et GNU/Linux. On entre là dans des problématiques de conflits d'intérêts, d'intelligence économique et de dépendance à des multinationales étrangères. Je suis donc très favorable au tout-libre dans l'intégralité de l'État.
  • Invitation à encourager l'OpenData et l'OpenGov : l'État a distribué pas mal de données avec data.gouv.fr mais c'est encore loin d'être suffisant : format non ouvert et le nombre de données libérées est insignifiant. Concernant l'OpenGov, tout reste à faire en France alors que cela se fait déjà dans une ou deux villes espagnoles.
  • Interdire le vote par Internet et, plus généralement, le vote électronique qui induit des risques tout en réduisant à néant les possibilités de contrôle dans l'état actuel des choses.
  • Modifier les textes de loi existants (LCEN, entre autres) pour y inclure un fait justificatif permettant de couvrir toute personne agissant dans un cadre professionnel ou non découvrent un problème de sécurité sans intention de nuire. Cela évitera les stupidités comme les affaires Humpich vs GIE CB, Guillermito vs TEGAM ou Kitetoa vs Tati entre autres.
  • Amplifier le déploiement de la fibre optique en France du fait qu'Internet est un droit fondamental, un prérequis à l'exercice des libertés, une force d'innovation et plein d'autres choses et qu'une augmentation du débit favorisera les usages innovants et la citoyenneté en ligne.
  • Problématiques de la neutralité du réseau et des débits asymétriques. Je souhaite que le législateur intervienne pour interdire les débits asymétriques (afin que chaque personne qui le désire puisse se créer sa vraie parcelle d'Internet telle qu'elle devrait être dans le concept même d'Internet) et pour garantir la neutralité du réseau.

Mine de rien, écrire tout ça, trouver la manière la plus simple d'énoncer chaque point, c'est un défi et je ne suis même pas sûr de l'avoir réussi. On verra bien ... Je ne vous donne pas la version complète de ma lettre afin d'éviter le bête copier/coller qui peut amener le député à ne pas croire que les sujets évoqués vous intéresse réellement.

PSES 2012

L'édition 2012 de Pas Sage En Seine s'est déroulée du 14 au 17 juin 2012.

J'adore PSES puisqu'il fait partie des rares événements français à avoir un esprit hacker. On a des conférences possiblement sur tous les thèmes présentées par des gens plus ou moins connus. Mais surtout, on a une ambiance chaotique, loin des événements bien rangés : des conférences s'improvisent, des intervenants arrivent en retard, des conférences durent plus longtemps que prévues, des micros font subitement grève (la DCRI et les piles dira-t-on), et tout ça, c'est appréciable 😀 . Les conférences ont des niveaux différents et là encore, c'est juste appréciable.

Les conférences qui ont retenues mon attention (le seul classement, c'est l'ordre de passage) :

  • Activistes, journalistes, la crypto est votre amie ! par Skhaen : présentation simplifiée de ce qu'est la cryptographie, présentation de quelques outils, mises en garde contre d'autres et appel au bon sens quand des données importantes et/ou des vies sont en jeu. Quelques rappels à l'ordre qui ne font pas de mal à l'heure où l'on crie vive Skype, vive Facebook et vive mon iPhone lorqu'il s'agit d'échanger.
  • VPN et anonymisation par delà la censure par KheOps : retour d'expérience sur la censure en Syrie pour voir les techniques de contournement qui fonctionnent ou pas dans ce cas pratique. Intéressant puisqu'on sort de la théorie pour un cas pratique.
  • L'archipel des hackers par Drapher : rappel de ce qu'est un hacker, présentation de quelques réalisations en dehors de la technologie mais qui se confondent avec l'éthique hacker, invitation à hacker toujours plus de choses. J'attends la banque des hackers 😛 .
  • L'OpSyria : BlueCoat et AreaSpa par KheOps, Bluetouff et Kitetoa : une présentation de plus sur l'OpSyria menée par Télécomix. On est typiquement dans la conférence chaotique où on veut juste transmettre un vécu 😀 .
  • Liste de courses pour les députés par Benjamin Bayart : mises au point sur ce que devrait être les brevets, le droit d'auteur, le partage de fichiers et la neutralité du réseau dans la loi. Une bonne tranche de rire et de provocation aussi 😛 .
  • Bitcoin par Pierre Noizat : présentation de Bitcoin. À voir plus pour les explications économiques que pour une présentation éclairée de Bitcoin qui n'est pas le but de la conférence, on a bien compris 😀 .
  • Meatspace par Okhin : les concepts de la vie quotidienne (territorialité, identité, culture, ...), les tentatives de transposition dans le cyberspace et les implications de ces transpositions.
  • Exportation d'un savoir faire français, la cybersurveillance de masse par Jean-Marc Manach, Bluetouff et Kitetoa : historique de la surveillance de masse et historique du système Eagle vendu par la France à la Libye de Kadhafi. Rien de neuf pour les lecteurs de Reflets, OWNI et BugBrother 😉 .
  • Ta passerelle mindfuck vers l'Internet drapée d'une serviette orange par iMil : présentation de plusieurs montages permettant de circuler plus ou moins tranquillement sur les internetz. Explication simplifiée des montages déjà présentés sur son blog.
  • Le technocrate, le geek et le politique ignorant par Stéphane Bortzmeyer : est-ce-que les lois seraient meilleures si elles étaient rédigées par des technocrates ? N'est-ce pas les choix politiques qui déterminent avant tout l'action qui sera menée ? Difficile de donner plus de détails sans vous spoiler cette présentation. Cette conférence a vu naître le fan club de Stéphane Bortzmeyer des mains d'une fan 😀 .
  • Et paff la CB sans contact par Renaud Lifchitz : présentation des attaques qui peuvent actuellement être menées sur les cartes bancaires NFC en circulation. C'est là qu'on se rend compte que "l'affaire Humpich" n'a pas servi à grand chose : on prend les mêmes et on recommence.
  • Les Botnets par Eric Freyssinet : une présentation avancée de ce qu'on entend par botnet et ce qu'ils permettent de réaliser.
  • Zoophilie, tendance teckels morts par Kitetoa : l'importance de la vie privée expliquée aux jemenfoutistes et autres "rienàcacher". Juste à voir.

Quatre articles résument ces quatre jours de PSES chez OWNI :

La plupart des conférences peuvent être revues en ligne : PSES 2012 sur la webTV de la Cantine.

LaTeX : motivations d’usage

Non, non, nous ne parlerons pas ici de la combinaison que vous avez revêtu vendredi soir, bande de coquinous 😛 .

Je ne souhaite pas non plus vous présenter LaTeX mais plutôt faire un feedback et vous présenter les motivations qui peuvent vous amener à l'utiliser. Donc, pour une présentation succincte : LaTeX sur Wikipédia. Pour une présentation détaillée : Rédigez des documents de qualité avec LaTeX sur le site du Zéro.

Je me suis mis à LaTeX que très (trop ?) tardivement et je souhaite vous donner l'envie d'essayer LaTeX et de vous forger votre propre avis à travers un retour d'expérience. Ce billet sera donc fortement subjectif mais après tout, c'est l'intérêt d'un blog.

LaTeX peut être utilisé pour la rédaction de documents ou pour la création de présentations. Commençons par ce dernier point.

Présentations

Tout le monde a déjà fait des présentations avec Impress ou PowerPoint. C'est dans ce domaine que l'intérêt de LaTeX m'a immédiatement sauté aux yeux. Je préviens tout de suite : je n'ai pas essayé les animations en LaTeX car je m'en moque infiniment : je n'ai jamais vu la valeur ajoutée des animations et n'en ai jamais utilisé, même sous Impress/PowerPoint (sauf peut-être dans mes premières présentations, comme tout le monde, à une époque où j'étais jeune et innocent 😛 ).

En effet, Impress (et PowerPoint dans une autre vie) ont toujours été lents lors de la manipulation des éléments même sur mes machines les plus puissantes. J'avais conscience de perdre un temps fou lors de la création de mes présentations.

De plus, qui n'a jamais eu un problème de compatibilité entre la version d'Impress/PowerPoint avec laquelle il a créé la présentation et la version présente sur la machine sur laquelle devra obligatoirement se dérouler la présentation ? Les plus prudents d'entre nous exportent leur travail dans plusieurs formats voir même en PDF avant le jour J. La seule fois où j'ai eu un problème de compatibilité, ma version PDF ne m'a pas été d'un grand secours car mal générée.

Enfin, le plus gros problème, à mon sens, c'est qu'Impress/PowerPoint me demandaient plus d'efforts lors de la création de ma présentation. Ce point m'a parut flagrant avec LaTeX. En utilisant ce dernier, je n'ai pas eu le sentiment de devoir me concentrer sur la forme du document mais uniquement sur ce que je voulais présenter. Et ça, ça change tout ! Beamer, la classe LaTeX qui permet de réaliser des présentations prévoit déjà tout : des listes, des blocs et d'autres éléments de mise en forme. Vous n'avez qu'à structurer votre raisonnement et le mettre dans votre présentation en le structurant avec les éléments fournis. Avec Impress/PowerPoint, vous devez structurer votre raisonnement, trouver la meilleure manière de l'exprimer visuellement, créer la structure et la remplir avec vos idées.

Pour les présentations, c'est sûr, je ne ferai jamais marche arrière : LaTeX powa ! Par ailleurs, je recommande aux septiques du LaTeX de commencer par là : produire une présentation avec Beamer est, sans doute, ce qui vous permettra le plus de découvrir immédiatement les avantages de LaTeX.

Documents

LaTeX permet de produire toute sorte de documents : livres, article, thèse, rapport, lettre ... Ma première utilisation de LaTeX a été lors de la réalisation d'un rapport d'une cinquantaine de pages.

Je n'ai pas vu l'intérêt de LaTeX de manière aussi directe que pour la création d'une présentation car je pense que les arguments pro-LaTeX généralement fournis n'ont pas véritablement de sens. Exemples :

  • On nous explique que nous pouvons changer le formatage de tous nos titres d'un même niveau en un clin d'œil. Heu ... Je peux aussi le faire avec Writer : on appelle ça les styles.
  • On nous dit que LaTeX fourni juste une base pour structurer les documents mais que tout est paramétrable. Heu ... Avec Writer je change aussi l'alignement, le format des marges, l'interlignage, la taille des alinéas et bien d'autres choses encore.
  • On nous dit que beaucoup d'éléments comme la table des matières, l'index, la table des figures sont gérés automatiquement. Heu ... Avec Writer aussi.
  • On nous dit que LaTeX permet de respecter les normes typographiques de manière beaucoup plus aisée qu'avec Word/Writer. Heu ... Le respect de ces normes me paraît demander autant d'attention dans les deux cas. Oubliez un package en LaTeX et les césures ne seront pas correctes vis-à-vis de votre langue, par exemple.

    De plus, utiliser LaTeX en pensant se décharger totalement des normes est une erreur car LaTeX ne fait pas tout : l'utilisation correcte des majuscules ainsi que la bonne écriture des sigles et des symboles, par exemple, sont toujours à la charge de l'auteur du document.

    Enfin, des erreurs peuvent-être commises : utilisation de commandes obsolètes ou mauvais usage de commandes. Dans ce cas, on se retrouve avec des documents qui ne respectent pas les normes (exemple : un document ayant des annexes dont la numération poursuit celle du document, ce qui n'est pas conforme).

  • L'argument de rétro-compatibilité me semble avoir un impact moins important ici selon le contexte : je n'ai jamais eu de soucis lors de la génération de PDF avec Writer. La diffusion d'un document reste inchangée (sauf pour les personnes qui diffusent encore leur production dans le format de leur traitement de texte (qu'il soit propriétaire ou non, là n'est pas la question). Par contre, si le document d'origine doit être modifié des années après, alors cet argument retrouve toute son importance.

N'ayant jamais eu à saisir de longues formules (mathématique, physique) ni des équations, je ne commenterai pas les apports de LaTeX sur ce point tout en les admettant bien volontiers. la saisie de nombreuses formules apparaît comme l'un des points justifiant le mieux l'emploi de LaTeX. Si des gens manipulant des formules à longueur de documents peuvent confirmer et apporter un feedback, je ne suis pas contre 😀 .

Alors, quels sont, à mon sens, les avantages de LaTeX ?

D'une part, il ne faut pas se voiler la face, la mise en page avec Word/Writer est un supplice. Quand ce foutu logiciel vous met une nouvelle puce alors que vous voulez continuer d'écrire dans la puce actuelle mais en incluant un retour à la ligne ... Quand, suite à un changement en amont du document, il vient à vous déplacer une image n'importe comment ... Les exemples de désagréments sont nombreux et nous en avons tous connus. LaTeX apporte un remède à toutes ces pertes de temps.

D'autre part, LaTeX permet d'éviter le piège du WYSIWYG : on veut tout positionner, de manière précise sans se demander si ça conviendra toujours et si, de version en version, la position restera inchangée. Il n'est jamais bon de fixer les éléments : ils doivent avoir une position flottante. Pour ceux qui veulent s'en convaincre, il suffit de regarder les designs de sites web qui fixent tout en valeur absolue (comme celui de ce blog, malheureusement) sur des écrans différents.

Pour les plus jeunes, et notamment pour ceux qui s'orientent vers des formations scientifiques, le meilleur argument pour vous encourager à utiliser LaTeX est : car vous serez forcer de l'utiliser durant vos études et au-delà en fonction de la profession que vous exercerez. Dans tout un tas d'universités françaises, on vous impose d’ores et déjà de rendre vos rapports et autres productions écrites en LaTeX et ce, dès la première année de licence, si j'en crois les retours que j'ai eu.

Enfin, le meilleur argument pour la fin : avec LaTeX, votre document aura le poil qui brille. Sérieusement, il aura bien meilleure allure. Vous mettez vos propos en valeur. Rien que pour ça, ça vaut le coup de tenter de rédiger un document en LaTeX.

Je retiens néanmoins deux limites qui peuvent bloquer certaines personnes : LaTeX demande de la rigueur et une mise en page un peu exotique est très difficile à obtenir (ce qui peut se justifier par le fait que LaTeX, en respectant les normes, standardise, de fait, les documents qu'il produit). L'argument anti-LaTeX "LaTeX nécessite un apprentissage" n'est pas recevable dans un milieu d'informaticiens ou dans un milieu scientifique en générale.

Pour finir de vous convaincre, je vous laisse chercher sur votre moteur de recherche favori. On trouve des documents beaucoup plus extrémistes sur le sujet du type "pourquoi les traitements de textes sont stupides et inefficaces".

En ce qui me concerne, j'utiliserai ou non LaTeX en fonction des documents que j'aurai à produire (l'usage de LaTeX ne se justifie pas toujours).

Bidouilles matérielles

Bon, je vais vous décevoir tout de suite : nous n'allons pas voir comment hacker une cafetière 🙁 . Un jour, peut-être ... En attendant, je vais me contenter de vous donner trois astuces qui semblent toutes bêtes avec l'espoir que cela vous serve.

Table des matières

PCI to PCI "low profile"

Parfois, on a besoin d'ajouter une carte réseau (ou autre hein, je ne suis pas contre 😛 ) à une machine, en supplément de l'interface fournie par le chipset. On se tourne alors vers le stock qu'on a constitué au fil des récupérations de matériel et on saisit une carte. On tente, sans réfléchir plus (tellement banale comme opération se dit-on alors !), d'enfoncer la carte PCI dans un slot PCI. La carte rentre pas mal dans le slot mais l'arrière ne rentre pas. On s'arrête et on regarde.

En effet, la backplate (la plaque arrière avec le connecteur) est trop grande et dépasse du boîtier. Et oui, vous avez utilisé une carte PCI de dimensions "standard" alors que vous avez besoin d'une carte PCI slim/low-profile.

Comme vous n'avez pas de carte à cette dimension, vous laissez s'exprimer le bricoleur qui est en vous. Vous constatez que la carte réseau rentre dans le slot et que seule la plaque arrière gêne. Il suffit donc de démonter cette plaque. Sur une carte réseau, il n'y a que deux vis cruciformes à dévisser pour enlever la plaque.

En attendant de récupérer une blackplate au format low-profile et de la fixer sur votre carte, vous pouvez laisser la carte tenir uniquement grâce au slot PCI. Il faut évidemment adapter à votre situation : si la machine est déplacée régulièrement ou que le câble est débranché/branché régulièrement, le sot PCI ne suffira pas et il convient de fixer la carte. Même si ma machine n'est que rarement déplacée, j'ai choisi un morceau de câble fixé au chassis pour maintenir la carte dans le slot. Ne prenez pas un matériau qui est conducteur (déjà vu !).

Protéger les ergots de ses câbles réseaux

L'ergot, c'est la patte en plastique située sur le connecteur RJ45 et qui empêche le câble de sortir de la prise où on l'a laissé tant qu'on ne lui a pas demandé. Ça évite les ennuis en somme (et si un stagiaire se prend un pied dans le câble, au moins, c'est incontestable 😀 ).

Pour réduire les risques de casse, on trouve des câbles avec des protections : des coquilles en plastique. Ainsi rien ne peut glisser entre la prise et l'ergot et casser ce dernier.

Si comme moi vous avez la pince à sertir, le câblage et les connecteurs, cela vous ennuie certainement de vous équiper de tels câbles. Mais ce qui vous gonfle également, c'est de changer continuellement les connecteurs dès que l'un d'entre eux est cassé (ça diminue le stock de connecteurs et pour en trouver en petite quantité, bon courage (ou donnez-moi l'adresse 😛 )).

L'idée c'est de faire notre coquille homemade avec du ruban adhésif. Attention : je parle bien de ruban adhésif bureautique traditionnel simple face, pas de ruban adhésif "QuiColleTout" spécial bricoleur.

Il suffit d'entourer l'ergot et le connecteur de ce ruban adhésif en prenant garde à deux choses :

  1. On ne serre pas le ruban. L'ergot doit être dans sa position normale, pas pressé contre le connecteur sinon on perd tout le bénéfice de l'ergot : le câble ne tiendra plus dans les prises.
  2. On ne met pas de ruban adhésif à l'extrémité du connecteur, c'est-à-dire sur toute la partie qui va rentrer dans la prise et faire le contact.

Réduire le bruit d'un beeper

Sur certaines machines, les beeper sont justes horribles : ils sont extrêmement bruyants et le BIOS émet une tonalité n'importe quand : au boot bien sûr mais aussi lors d'une frappe inattendue. C'est très agaçant (et peu discret la nuit quand vous voulez aller sur youp... en douce ! 😛 Ne niez pas !).

Sur certaines cartes, le beeper n'est pas fixé et est juste relié à la carte mère par deux petits câbles. Il suffit donc de le retirer proprement et le tour est joué. Solution un peu extrême car un beeper, ça aide à diagnostiquer les problèmes de boot.

Sur d'autres cartes, le beeper est fixé à la carte mère. Si vous êtes un adepte du fer à souder, cela doit être jouable. Dans mon cas, j'ai choisi une méthode plus bricolo encore.

Si vous regardez le beeper attentivement, vous voyez un trou en son centre. Prenez un petit morceau de papier. Mouillez-le et faites-en une toute petite boulette adaptée à la taille du trou observé précédemment. Attendez que la boulette sèche et glissez-là dans le trou du beeper. N'hésitez pas à l'enfoncer avec un objet plus ou moins pointu (une mine de stylo fait l'affaire). N'hésitez pas à exercer une pression pour que la boulette ne sorte pas un jour.

En fonction de l'atténuation de bruit que vous voulez obtenir et tant que le trou du beeper n'est pas rempli, vous devez recommencer l'opération plusieurs fois.

Le bruit du beeper sera fortement réduit mais, en tendant l'oreille, vous pourrez toujours diagnostiquer un problème de boot si jamais cela venait à se produire.

RTL8188CE sous Debian Wheezy

Si vous devez installer cette carte réseau WiFi sous Wheezy, vous avez, comme toujours, plusieurs solutions :

  1. Le driver proposé dans le dépôt non-free de Debian.
  2. le driver proposé par Realtek.

Le driver du dépôt

Il faut activer le dépôt non-free dans votre sources.list puis :

sudo apt-get update && sudo apt-get install firmware-realtek

Votre carte réseau sera opérationnelle automatiquement au prochain démarrage. Si vous ne voulez pas rebooter :

sudo modprobe rtl8192ce

Le soucis, c'est que le driver semble buggé et qu'il est impossible de se connecter à quel que réseau que ce soit. De plus, le kern.log se remplit chaque minute avec cette ligne :

rtl8192c_common: Loading firmware file rtlwifi/rtl8192cfw.bin

Le problème est évoqué sur quelques forums (je vous laisse chercher 😉 ) mais rien ne semble résoudre le problème chez moi. Reste la deuxième méthode.

Le driver de Realtek

Si vous avez installé le driver du dépôt, il faut penser à le décharger avec :

sudo modprobe -r rtl8192ce

On récupère le driver Realtek.

On extrait l'archive téléchargée et on se déplace dans le dossier :

tar fxz 92ce_se_de_linux_mac80211_0005.1230.2011.tar.gz && cd rtl_92ce_92se_92de_linux_mac80211_0005.1230.2011/

Le reste, c'est du classique et c'est expliqué dans le readme. Pour un noyau >= 2.6.35 :

make && sudo make install

Pour que la compilation fonctionne, il vaut mieux avoir gcc, make et les linux-headers 🙂 .

Votre carte réseau sera opérationnelle automatiquement au prochain démarrage. Si vous ne voulez pas rebooter :

sudo modprobe rtl8192ce

J'ai remarqué que ce driver cause des problèmes de sons. Une musique ou un film se retrouve parfois avec le son qui saute pendant un très court instant. Cela arrive de manière aléatoire et c'est très énervant. Il suffit de désactiver la carte réseau (depuis votre gestionnaire réseau ou avec modprobe) quand vous ne vous en servez pas et le tour est joué (et vous sauvez votre cerveau des ondes, yeah 8) !).